Il s’agit, dans les limites imposées par une surface plane (la toile à 2 dimensions : hauteur et largeur), de reproduire un modèle qui, lui, a 3 dimensions : hauteur, largeur et
profondeur, celle-ci a un rôle essentiel à jouer. Il faut donner à celui qui regarde le tableau la sensation de pouvoir y « entrer » !
Le peintre peut créer cet effet de 5 manières différentes :
a- Par l’introduction d’un 1ièr plan
b- Par la superposition de plans successifs.
c- Par l’utilisation des
contrastes et de l’atmosphère.
d- Par la propriété qu’ont certains couleurs
« d’éloigner » ou de « rapprocher ».
e- Par l’effet de perspective.
Introduction d’un 1ièr plan :
Lorsque, dans la composition de votre tableau, vous introduisez un élément de 1ièr plan, vous avez immédiatement une sensation de profondeur ; le spectateur établira, automatiquement, une
relation entre la taille, la dimension donnée par ce 1ièr plan et celles des autres éléments situés dans un plan éloigné.
Prenons l’exemple de mon tableau : Paysage3. En principe, on distingue dans cette image un plan rapproché, défini par les arbres et la chute d’eau sur le coin ombragé, et un plan éloigné
constitué par les montagnes. La sensation de profondeur se trouve encore renforcée en ajoutant un plan de quelques plantes ou des rochers rapprochés.
Paysage3, auteur: Abdelhadi-f ,
voir Galerie-paysages:
La superposition de plans successifs :
Si vous disposez sur un plan parfaitement horizontal une série d’éléments côte à côtes, vous aurez une image d’où la 3ième dimension, la profondeur, sera absente. Si vous disposez vos
éléments les uns derrières les autres en les superposant, la sensation de profondeur sera accentuée, dans le cas de « paysage3 » les plans successifs sont les montagnes au fond puis les
arbustes et sapins sur la partie éclairée et puis les arbres et la chute d’eau sur la partie ombragée.
Le jeu de l’atmosphère et des contrastes :
« Plus les objets s’éloignent, plus ils perdent leur couleur, plus leurs formes deviennent indéterminées, car alors les contrastes de lumière et d’ombre s’estompent » disait le
philosophe allemand Hegel.
Donc :
- A mesure que les plans s’éloignent, ils se décolorent avec une tendance au bleu, au violet et au gris.
- le 1ièr plan est toujours plus net et contrasté que les plans éloignés.
Utilisation des couleurs qui « rapprochent » ou qui « éloignent »
Les particules d’eau et de poussière suspendues dans l’atmosphère rendent les clairs et les foncés moins intenses et donnent aux couleurs une teinte de plus en plus bleue au fur
et à mesure que les éléments s’éloignent de la vision.
Pour créer par la couleur une illusion de distance, essayons d’imaginer des tissus très transparents de gaz bleuté suspendus en l’air tous les 8 mètres, plus ils sont loin de l’œil plus ils
paraissent bleus.
Les couleurs chaudes rapprochent les formes et les couleurs froides les éloignent.
Couleurs chaudes : jaune, orange, rouge, carmin.
Couleurs froides : vert, bleu, violet clair, gris-bleu clair
Dans le cas de « paysage 3 » l’impression de profondeur est renforcée par la dominante terre de sienne, ocre, jaune cadium foncé et brun brûlé du 1ièr plan qui contraste avec les
variantes du bleu-violet des montagnes.
La perspective :
La perspective est la partie ou la science du dessin qui enseigne à représenter sur une surface plane les corps, les objets et les panoramas tels qu’ils apparaissent à notre vue.
Nous utilisons donc la perspective pour donner l’impression de proximité ou d’éloignement à nos sujets, autrement dit, l’impression de l’espace.
On a 2 sortes de perspectives :
Perspective parallèle avec un point de fuite:
Quand nous nous plaçons devant les formes ou les corps que nous voulons représenter, de façon que leurs lignes ou arêtes qui vont en profondeur le fassent perpendiculairement à la ligne
d’horizon, nous dessinerons en perspective parallèle ou avec un point de fuite*.
Dans la perspective parallèle, avec un seul point de fuite, celui-ci et le point de vue coïncident au même endroit de l’horizon.
Remarquez dans le dessin que les rails du chemin de fer qui traversent la plaine convergent en un point, précisement à l'horizon, où nous les perdons de vue; ce point c'est le
point de fuite
Perspective oblique, avec 2 points de fuite.
Quand nous nous plaçons devant les formes de façon que les lignes ou arêtes qui vont en profondeur ne soient pas perpendiculaires à l’horizon, nous dessinerons en
perspective oblique ou
avec 2 points de fuite. Dans ce cas, les points de fuite sont indépendants, tout en se trouvant cependant dans la même ligne d’horizon (voir dessin ci dessous):

*Le point de fuite est le lieu où fuient toutes les lignes ou arêtes perpendiculaires du modèle, rappelons aussi que le point de fuite est toujours situé sur le ligne d’horizon, celle-ci se
trouvant toujours à la hauteur des yeux du spectateur, qu’il soit debout, accroupi ou assis.
Abdelhadi-F
Voir aussi:
l'art de composer le
paysage
la théorie de la couleur
"Paysage Aquatique"
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Textes tirés des ouvrages de F-Crespo, D-Lewis et
J-Parramon.
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