Loin de la peinture:
Oeil sur la télé lybienne
« …, et donc le peuple peut exercer directement le pouvoir à travers les comités populaires à l'opposé du système parlementaire qui est loin de représenter les préoccupations de la
masse,… »
La citation défilante en bas de l’écran, qu’une voix rehaussée d’un timbre agréable récitait, est un extrait du « livre vert » œuvre du guide de la "Jamahiria",
citation qui fait figure de "jingle" du journal télé de la chaîne nationale libyenne.
Seule la carte du continent Africain a eu droit d’occuper l’arrière fond du studio du J-T ; exit donc les autres continents du décor, L’Afrique scintille dans une multitude de nuances vertes
ornée des initiales « USA » !
USA ? si vous ne l’auriez pas encore su, c’est « United States of Africa » de quoi il s’agit, c’est la dernière d’une série d’idées qu’a pondu l’imagination
faconde du guide de la révolution libyenne, et c’est d’ailleurs confirmé par le présentateur du journal : « le salut du continent ne viendrait qu’à travers l’union des états
africains dans un seul bloc, plus que jamais la combinaison des énergies, usqu’au là dispersées, n’a été aussi urgente, il est temps de songer à défendre le continent contre les voraces pilleurs
d’où la suggestion du frère-guide de soulever une armée de deux million de soldats africains »
Voilà de ce qui est « rendu vocal», parce que là, le présentateur prend sa pause et laisse parler les images venues du Ghana, et les images, elles, qu’est ce qu’elles nous racontent?:
Le guide qui se frayait son chemin au milieu d’une foule énorme et bienveillante à Accra, lieu où se déroule le sommet des chefs d’états africains venus examiner ses propositions sur l’union,
ainsi l’œil du téléspectateur accompagne, pas à pas, le convoie du guide dans son périple ghanéen, d’un hameau à l’autre, sous le soleil écrasante ou sous les averses tropicales , le convoi
serpente les routes tranquillement sans qu’un commentaire, à l’antenne, ne survienne perturber la majesté du moment si ce n’est le bourdonnement des moteurs des berlines du convoi, le
froissement des essuie-glaces ou les clameurs des foules amassées le long des chemins des bourgades, une tournée triomphale qui s’achève devant une assistance venue écouter et applaudir le
discours du guide, qui , affalé sur 1 chaise et flanqué de trois interprètes (en anglais, en français et en patois locale), se livre à des péroraisons sans fin, encore alourdies par les trois
traductions qui se succèdent au détour de chaque phrase, de chaque ponctuation du guide.. alors le temps !
Alors , on est arrivé au point de regretter notre présentateur JT.. mais il suffit de demander, le journal-parler a reprit ses droits et le présentateur laudateur ne tarit pas d’éloges sur la
clairvoyance du "frère-guide" et sur le succès du sommet ! « succès de sommet » aurais-je dit ?! Parce que ce n’est pas exactement le même son de cloche que donne la
presse mondiale ; le sommet se serait soldé sur un échec ! et le projet d’union ? « Trop beau pour être vrai », les poids lourds d’Afrique (Nigeria, Angola, Afrique
du sud) ne se sont pas bousculé pour le signer et ont fini par le renvoyer sine die.
Et pourtant, l’idée quoique farfelue dans la forme, une fois étudiée de près, s’avère d’une grande importance, Seulement elle suscite méfiance tant elle tourne à l’obsession du guide.
Et si cet échec se confirme, ça serait le nième couac du guide dans ses tentatives d’unions ; des expériences amères qui l’ont poussé à se démarquer avec fracas des frères arabes et
moyen-orientaux, lesquels finissent par se gausser de son humeur instable voir se douter de sa santé mentale !
N’avait-il pas appelé, récemment, à la restauration du Califat fatimide (disparu il y a 8 siècles), dans une forme d’union du Maghreb et d’Egypte, avant de prendre tout le monde à
contre pied en imposant, le lendemain, un visa d’entrée en territoire libyen aux citoyens du même Maghreb ?!!!!!!!!
À la question du journaliste d’Aljazeera « sami Haddad », venu l’interviewer sur « le pourquoi de la léthargie du monde arabe » , il répond, vêtu d’un costume
blanc orné d’un pins du continent africain (pour narguer les frères arabes), que le « pourquoi » est à chercher dans l’usure des chefs d’état arabes restés trop
longtemps accrochés au pouvoir !
Interloqué, Haddad, anciennement formé au culot de l’école british, ose lui rappeler que lui aussi, le guide, est au pouvoir depuis 1970 !
À quoi le guide, le regard impassible balayant le plafond, réplique : « moi ? je ne gouverne pas la Libye, c’est bien le peuple qui est maître chez moi» !
… de quoi mettre un peu de couleur et de gaieté dans l’interview.
Abdelhadi-F
voir aussi:
Des lettres et des sous sur MBC
et:
oeil sur la télé iraquienne
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